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Test RIASEC

Animer une restitution RIASEC en 60 à 90 minutes

Un déroulé pour faire de la grille une conversation de groupe sur ce qui attire chacun, avec ce qu'il faut dire et ce qu'il vaut mieux éviter.

Ce déroulé s'appuie sur la grille du groupe : vous ouvrez une session, chacun répond depuis le même lien, et la grille se met à jour à mesure que les réponses arrivent.

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Gratuit, sans inscription, à partir de 3 participants.

Voir comment se déroule une session de groupe

Ce qu'est le RIASEC, et ce qu'il n'est pas

Le RIASEC vient de la théorie des types vocationnels du psychologue John Holland (1959), développée ensuite dans Making Vocational Choices : six familles d'intérêts, réaliste, investigateur, artistique, social, entreprenant et conventionnel, disposées en hexagone, où deux types voisins se ressemblent plus que deux types opposés. Cette disposition s'observe bien sur des données américaines, moins régulièrement dans d'autres pays (Rounds et Tracey, 1996). Ce test est un test indépendant inspiré de ce modèle, pas un instrument officiel issu des travaux de Holland ni le O*NET Interest Profiler, et ce n'est ni un outil de diagnostic ni une décision d'orientation.

Dans un atelier, ces six mots peuvent servir de vocabulaire commun pour parler de ce qui attire chacun : les activités qui donnent envie d'en faire plus, et celles qui pèsent. Les réponses décrivent des intérêts déclarés aujourd'hui, pas des aptitudes, des notes ni des chances de réussir dans un métier. C'est un support de discussion, pas une mesure de la personne. Ce questionnaire n'a pas de groupe de référence, et nous n'avons mené aucune étude de stabilité des résultats (test-retest).

Ce que ce questionnaire ne permet pas

  • dire comment une personne ou le groupe va réussir, à l'école comme dans un métier ;
  • composer des équipes ou attribuer des rôles selon les profils ;
  • comparer deux personnes sur un même type : chaque réponse répartit des points entre plusieurs types, donc un score dit ce que la personne a préféré à autre chose, pas combien elle a de ce type, et ce questionnaire n'a pas de groupe de référence ;
  • évaluer, recruter ou justifier une décision sur quelqu'un ;
  • lire le profil comme un métier ou une filière à suivre : il décrit des familles d'activités, et l'adéquation entre ses intérêts et son métier est liée à la satisfaction au travail de façon réelle mais modeste (Hoff et ses collègues, 2020).

Le déroulé

  1. Minutes 0 à 10, le cadre.

    Annoncer l'objectif : ouvrir une conversation sur ce qui attire chacun, pas désigner un métier ni se classer. Dire que le résultat est un point de départ, que le prénom est facultatif et que personne n'aura à annoncer son profil. Partager le lien ou le QR code.

  2. Minutes 10 à 25, la passation et la lecture en solo.

    Chacun répond de son côté, puis lit sa page de résultat en silence et note une phrase qui lui ressemble et une phrase qui ne lui ressemble pas.

  3. Minutes 25 à 40, la grille.

    Projeter la grille et demander d'abord ce que les gens y voient, avant toute interprétation. Lire ensuite la composition sous forme de questions : un type fréquent, un type peu représenté, un type absent. Chaque lecture est une hypothèse que le groupe confirme ou écarte. La grille ne garde que le type dominant de chacun, alors que la lecture habituelle de ce modèle est un code de deux ou trois lettres : un type absent de la grille veut seulement dire que personne ne l'a en premier, il peut venir en deuxième ou troisième position dans les résultats individuels. Le barème ne donne pas le même maximum aux six types : un type rare peut venir du questionnaire autant que du groupe. Un type très présent peut dire autant ce que le groupe connaît déjà que ce qu'il aime, et une classe très homogène peut venir en partie de la façon dont la filière recrute ses élèves, pas de leurs capacités.

  4. Minutes 40 à 55, la discussion.

    Faire l'exercice « où ce profil m'a mal décrit » plus bas, puis poser cette question : « Quelle activité récente, en cours, en stage ou ailleurs, t'a donné envie d'en faire plus, et laquelle t'a pesé ? »

  5. Minutes 55 à 60, l'engagement.

    Chacun choisit un seul geste concret avant la prochaine séance, à partir de ce qui s'est dit, pas à partir des lettres : une activité ou une rencontre à explorer (un métier à regarder de près, un stage, une personne à interroger), proche de son type comme éloignée. C'est une piste à essayer, jamais un métier attribué d'après le profil : la grille ne désigne personne.

  6. Variante 90 minutes.

    Entre la minute 40 et la minute 70, travailler en binômes : chacun présente à l'autre ce qui, dans son résultat, lui parle ou le surprend, puis l'autre reformule, avant d'inverser les rôles. Chaque binôme qui le souhaite restitue en une phrase, puis garder vingt minutes pour l'engagement.

L'exercice « où ce profil m'a mal décrit »

Chacun relit sa description et repère deux phrases : celle qui le décrit le moins bien, et celle qui pourrait décrire presque n'importe qui. Mettre en commun les secondes, sans dire de quel profil elles viennent.

C'est l'effet Barnum, décrit par Bertram Forer en 1949 : une description assez générale paraît personnelle à la plupart des gens. Le repérer ensemble rappelle que le résultat est un point de départ, et rend légitime de ne pas s'y reconnaître.

Pourquoi partir d'une situation réelle

Une méta-analyse sur les débriefs (Tannenbaum et Cerasoli, 2013) associe le fait de revenir ensemble sur un épisode de travail précis à de meilleures performances ensuite, surtout dans des études de simulation (médicale et militaire). Elle ne porte ni sur le RIASEC, ni sur l'orientation, ni sur aucun outil de profil : c'est pourquoi une question du déroulé part d'une activité réelle et récente, et ce déroulé ne promet aucun effet sur le groupe ni sur les choix de chacun.

À éviter pendant la séance

  • deviner ou annoncer à voix haute le profil d'un participant qui ne l'a pas dit lui-même, ou enfermer quelqu'un dans le sien (« tu es Conventionnel, donc les métiers créatifs ne sont pas pour toi ») ;
  • lire devant le groupe les prénoms de la liste réservée à l'animateur ;
  • commenter un duo de personnes nommées, ou comparer deux participants sur un même type ;
  • attribuer ou écarter une filière, un métier, un stage ou un rôle d'après le profil, ou rattacher un type ou un métier à un genre : le résultat ouvre des pistes, il n'en ferme aucune ;
  • tirer de la grille un jugement sur ce que le groupe vaut ou réussira.

Cet outil t'a servi ? Si tu tiens une page de ressources pour tes élèves, tes stagiaires ou tes collègues, tu peux y citer Profilia (profilia.app). C'est tout : rien à remplir, rien en échange.